L’Ogre du Salève

L’Ogre du Salève

Paru fin novembre 2014 éditions Encre fraîche

L’Ogre du Salève est disponible en librairie (Payot, FNAC, librairie du Boulevard, etc.. ) et sur commande sur le site des éditions Encre Fraîche.

 

L'Ogre du Salève, éditions Encre fraîche

Sur leversants du Salève, près de Genève, des jeunes filles disparaissent mystérieusement et un professeur célèbre est retrouvé assassiné.
Dans une grotte dans les bois, un ogre sévit alors que le passé rattrape le présent. Le commissaire Rouiller et son équipe entament une nouvelle enquête. Confrontés à d’anciens et de nouveaux démons, parviendront-ils à déloger l’Ogre du Salève?

N’hésitez pas à visiter le site des éditions Encre Fraîche.

L’Ogre du Salève est disponible en librairie (Payot, FNAC, librairie du Boulevard, etc.. et sur commande sur le site des éditions Encre Fraîche)

 

 

A lire, un premier extrait….

Extrait:

« A Dorian

A ceux que j’aime et j’ai aimé

La naissance de l’ogre

« Les conditions nouvelles qui entraîneront en gros l’apparition d’hommes tous pareils et pareillement médiocres sont éminemment propres à donner naissance à des hommes d’exception du genre le plus dangereux et le plus séduisant. » Nietzsche

La nuit commençait à envelopper le village paisible de St-Blaise au pied du roc noir et brun que forme le Salève aux alentours de la frontière franco-suisse. Des lumières scintillaient aux fenêtres et des volutes de fumée grise s’élevaient au-dessus des toits. C’était une belle journée de fin d’automne, baignée d’une lumière spéciale. Les anges avaient commencé leur travail de pâtisserie et au crépuscule le ciel s’était une nouvelle fois teinté de magnifiques couleurs pastel. La nuit, on ne voyait plus le jet d’eau, emblème de Genève, situé à une quinzaine de kilomètres en contrebas, en raison d’une épaisse couverture de nuages couvrant la vallée. On ressentait cette ambiance chaleureuse et spéciale dans le moindre des recoins des maisons du petit hameau, qui comptait moins de deux cents âmes. Le château des Avenières, figure d’architecture gothique au milieu des pins, s’endormait en silence et veillait sur ses hôtes. Le fantôme de la demeure entamait sa ronde nocturne et trouvait son chemin dans les couloirs tapissés et les boiseries… Le fumet du repas gastronomique servi la veille emplissait encore les escaliers ; le calme semblait régner. Les arbres baignaient dans la lumière rassurante de la lune et se laissaient aller sous la caresse douce de la brise qui s’était levée lorsque le soleil avait fait ses adieux en se cachant derrière le Jura de l’autre côté du lac. Tout était propice à une soirée en famille passée auprès des êtres chers dans la sérénité, autour d’une bonne table, au son des couteaux et des fourchettes qui s’entrechoquaient. Un repas. Une véritable réjouissance pour les papilles. Le goût, la vie. La bonne chair, il n’y avait que cela de vrai.

Cette pensée avait aussi traversé un autre esprit, trouble, quant à lui, qui se trouvait à quelques centaines de mètres de là.
En effet, dans la grotte du diable, un feu était allumé. Les flammes vacillaient et se reflétaient sur les murs de l’antre. D’étranges ombres se dessinaient sur les roches, comme des centaines de visages pâles, de scalps sinistres. La fumée qui s’échappait des entrailles de la terre avait une toute autre odeur que celle de la cheminée du château. Des zestes de mort, de pourriture, entouraient les volutes blanches qui sortaient de cette gueule grande ouverte prête à engloutir tout promeneur imprudent osant s’approcher des lieux et braver les secrets de la forêt. Leur gardien était là, pas très loin. Il se joignait aux convives du festin avec délectation, et L’ogre courait dans le plus simple appareil au cœur des bois. Il avait mangé, comme les autres. Après un tel repas, c’est nu qu’il se sentait le mieux, sans entraves, sans vêtements, il courait, et hurlait de toutes ses forces. Puis, il n’était pas vraiment seul… Ses compagnes étaient là, des dizaines, amicales, menaçantes, violentes, douces, maternelles, belles, désirables, sensuelles, insaisissables… – Non! pas insaisissables… quelque chose dans sa tête lui disait que ce n’était pas bien. Mais, il n’en avait rien à faire de cette voix, il aimait mieux cette autre voix qui le galvanisait. Il était bien, se sentait revivre, repus, et le plus agréable sentiment qu’il éprouvait, c’est qu’il n’était plus seul, il ne serait plus jamais seul… »